Golfe du Mexique, 07 janvier 2023…
« Je ne me sens pas bien… »
Alors que vous fixez l’horizon, perdu·e dans vos pensées, votre attention se porte soudainement sur la jeune femme assise sur le banc de l’autre côté du pont. Agrippée au rebord du bateau, elle tremble de tout son long, et son teint vient de virer au blanc pâle, ce qui ne présage rien de bon. D’autant qu’elle était intégralement bronzée lorsque vous êtes partis de Cancún, il y a une demi-heure. Pourvu qu’elle ne vomisse pas !
L’embarcation sur laquelle vous vous trouvez fend la mer du Golfe du Mexique et fait voile vers Veracruz, à quelques kilomètres de Mexico. Malgré l’air marin, la chaleur d’Amérique latine est écrasante, ce qui vous fait presque regretter le climat hivernal de la métropole. Mais en y repensant, vous n’échangeriez pour rien au monde ces vacances sous le soleil de l’hémisphère sud ! Car dès que vos pieds fouleront le sol mexicain, votre périple sur les traces des conquistadors pourra enfin démarrer !
⋅•⋅⋅•⋅⊰⋅•⋅⋅•⋅⋅•⋅⋅•⋅∙∘☽༓☾∘∙•⋅⋅⋅•⋅⋅⊰⋅•⋅⋅•⋅⋅•⋅⋅•⋅
En arrivant sur place, vous êtes accueilli·e par la personne qui a insisté pour que vous veniez la rejoindre au Mexique : le professeur Estéban Aguilar, aventurier à ses heures et bavard captivant.
« Ah ! Vous voilà enfin ! J’espère que vous avez fait bon voyage ! »
Passionné d’Histoire, mais surtout de découvertes retentissantes, son intérêt s’est depuis quelques temps porté sur l’expédition menée par Hernán Cortés en Amérique centrale il y a cinq cents ans. Intérêt qui a d’ailleurs très vite viré à l’obsession, à tel point que ce cher professeur n’a pas attendu que vous posiez vos valises pour vous révéler le but de sa prochaine expédition…
« Hernán Cortés, ou Fernando Cortés, explique-t-il, atteignit l’Amérique centrale en 1519, escorté de pas moins de six cents conquistadors. Onze navires et cent-dix marins, seize cavaliers et trente-deux chevaux, cinq cent dix-huit fantassins, trente-deux arbalétriers et treize arquebusiers, treize artilleurs, huit petits canons, dix canons de bronze et quatre fauconneaux ! Sans parler des deux cents esclaves ‘‘recrutés’’ comme auxiliaires de troupes ! Mais ce n’est pas la partie la plus intéressante de mon récit… »
Ouf, vous voilà soulagé·e : pas d’interrogation surprise sur le corps expéditionnaire du conquistador ! Le professeur Aguilar poursuit ses explications, racontant entre autres les péripéties de Cortés et de ses hommes sur les terres amérindiennes. Puis arriva le passage qui avait piqué votre curiosité lorsqu’il avait pris contact avec vous il y a deux semaines.
« … mais après avoir fait Moctezuma, l’empereur des aztèques, son prisonnier, Cortés n’a jamais réussi à mettre la main sur l’or. Et lorsqu’une révolte éclata, les envahisseurs espagnols durent battre en retraite, laissant derrière eux un trésor inestimable : colliers, bijoux, pierres précieuses… Oui : de l’or en pagaille ! »
Petite pause théâtrale, le temps pour vous de digérer cette information capitale. Puis, après un sourire complice, il conclut :
« De quoi réaliser nos rêves les plus fous, héhé ! Et vous et moi, mon ami·e, nous serons les premiers à retrouver ce trésor ! »
L’enthousiasme du professeur est contagieux, à tel point qu’il vous est difficile de trouver le sommeil la nuit suivante. Alors, à défaut de dormir, vous observez depuis la fenêtre de votre chambre d’hôtel la forêt luxuriante qui s’étend au-delà de Veracruz, et pensez à ce fabuleux trésor qui n’attend plus que vous pour être exhumé ! La gloire et la richesse vous tendent les bras !
